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Augmentation mammaire (2)

Comme nous l’avons vu dans l’article précédent, après maintes tentatives plus ou moins désastreuses, il semble que les implants mammaires silicones de dernières générations soient une solution satisfaisante à la problématique de l’augmentation du volume des seins. Cependant, leurs mises en place nécessitent une intervention chirurgicale classique et il s’agit de corps étrangers. De nouvelles « solutions » continuent donc d’être présentées. Actuellement on parle beaucoup du lipomodelage des seins et du remplissage au Macrolane°.
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Le lipomodelage consiste, selon la technique de Coleman, à réinjecter dans les seins de la graisse prélevée sur une stéatomérie type culotte de cheval par exemple. Il s’agit d’une greffe de graisse. Cette technique déjà bien connue et utilisée en dehors des seins est développée en esthétique depuis 2 ans, initialement dans le cadre de la reconstruction mammaire, par le Centre Léon Bérard de Lyon.
Très intéressante même si les volumes d’augmentation sont limités (100 à 200 cc) elle présente deux écueils, l’un étant l’apparition de calcifications radiologiques pouvant prêter à confusion avec des images de cancer du sein (a priori pas de problème avec un radiologue averti et aguerri), l’autre étant qu’il faut s’assurer que cette graisse injectée ne favorise pas l’apparition de cancer du sein. De fait, la Société Française de Chirurgie Plastique déconseille ce geste dans l’attente de résultats d’études scientifiques.
Le remplissage des seins au Macrolane se fait sous anesthésie locale au cabinet. Le Macrolane est un acide hyaluronique très volumateur, résorbable sur 12 à 18 mois selon le laboratoire Q-Med. Une deuxième injection de la moitié du volume injecté initialement est donc nécessaire à 12-18 mois et ainsi de suite.
Si ce produit peut convenir malgré son coût élevé (3500 euros pour 200 ml dans chaque sein) à des patientes irréductiblement anti-prothèses il reste à considérer qu’il s’agit d’un produit résorbable et que la résorption fait intervenir les acteurs de l’inflammation. Cette réaction « inflammatoire » chronique sur plusieurs années au niveau de la glande mammaire inquiète. L’inflammation chronique fait le lit du cancer. Comme le laissait supposer lors d’une discussion de séance, quelques responsables de notre société au cours du dernier congrès de la SOFCPRE, les injections de Macrolane dans les seins risquent d’obtenir la même « recommandation » de prudence que le lipomodelage, ce qui serait, à mon sens, la moindre des choses.
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