sept
16
Les implants mammaires sont formés d’une enveloppe en silicone et contiennent un gel de silicone le plus souvent ou plus rarement du sérum physiologique. L’enveloppe de ces prothèses peut-être lisse ou texturée c’est-à-dire irrégulière avec de multiples aspérités. On parle même de micro ou macro-texturation selon l’importance des irrégularités. Celles-ci sont obtenues par moulage ou projection de silicone.
Les implants texturés ont été introduits sur le marché car l’on pensait que les aspérités des parois, en désorganisant l’orientation des fibres collagènes cicatricielles, réduiraient les rétractions péri-prothétiques ou coque (durcissement cicatriciel du sein). En fait, il n’en est rien et l’origine des coques semble davantage inflammatoire que mécanique.
La différence entre implants lisses et micro-texturés ne nous semble pas évidente. Seule la macro-texturation entraîne un « effet velcro » qui fixe la prothèse dans la loge, ce qui nous paraît intéressant pour les implants anatomiques qui ont un sens de positionnement.

De notre point de vue, les parois lisses ou macro-texturées ont chacune leurs avantages et inconvénients :
Prothèses lisses :
- soutenues par les bords de la loge uniquement, déplacements possibles en cas d’implants lourds et/ou de tissus de soutien fragiles,
- peu d’interactions entre la paroi et les tissus au contact (moins d’usure ?),
- « massages » et compressions à visée anti-coque possibles assez rapidement.
Prothèses texturées (macro) :
- soutenue par toutes ses surfaces (« effet velcro »), déplacement ou rotation rare,
- effet irritant (« effet scotch-brite° ») des macro-texturations parfois responsable de séromes,
- interactions importantes avec les tissus au contact entrainant peut-être une usure plus importante ?
- pas de « massage » ou compression 2 à 3 mois pour éviter l’effet irritant responsable du sérome.
En somme nous nous orientons actuellement sur des implants lisses lorsque la forme ronde est choisie. Bien entendu, la macro-texturation reste de mise pour les implants anatomiques.
sept
02
Actuellement le choix de la prothèse mammaire ne concerne plus tant le remplissage que la forme de celle-ci. En effet le sérum physiologique est maintenant peu utilisé compte tenu de la consistance très ferme, des vagues et de la fragilité marquée qu’il induit. Les gels de silicone cohésifs, de consistances plus naturelles et de longévités plus longues sont très majoritairement utilisés. Deux formes d’implant sont proposées : ronde ou anatomique.
Qu’ils soient ronds ou anatomiques ils ont des profils variables et pour un même volume, la prothèse peut-être étroite et projetée ou large et plate. La plupart des laboratoires proposent ainsi 4 à 5 profils différents (profils bas, moyen, haut, très haut).
Classiquement l’implant rond, comme son nom l’indique, donne un aspect plus rond au sein, en particulier dans sa partie haute (sein pigeonnant). A l’inverse, la prothèse anatomique, en forme de goutte, dessine un sein en forme de poire sensé être plus naturel mais présente l’inconvénient d’avoir un sens (partie bombée en bas) et donc un risque de rotation. Cette distinction ne nous paraît évidente que pour des implants à projections fortes ou très fortes. Les résultats avec des projections faibles ou modérées nous semblent similaires que l’implant soit rond ou anatomique.

Plus significatif est la différence entre le point de projection maximal de ces implants verticalisés. En effet ce point est nettement plus bas sur la forme anatomique et l’implant reste excentré par rapport au mamelon. Nous préférons donc ce type de prothèse lorsque la distance entre l’aréole et le sillon sous-mammaire est courte d’autant plus que le sillon est marqué ou qu’il existe un début de ptose mammaire. Le risque de «double sillon» lié à un abaissement excessif de la prothèse est moindre avec une forme anatomique.
Pour résumé, nous proposons :
- une prothèse ronde lorsque la patiente demande peu de projection (profil bas ou modéré) ou, à l’inverse, un sein pigeonnant bombé sur le haut (profil haut ou très haut),
- une prothèse anatomique lorsque la patiente souhaite un sein en poire ou lorsqu’elle présente un sillon sous-mammaire marqué avec distance aréole – sillon courte.
De nos jours, il nous paraît donc indispensable de savoir proposer ces deux types d’implants en fonction des desideratas mais aussi des particularités anatomiques du sein et du thorax des patientes.
oct
22
Régulièrement nous voyons sur le net ou dans notre cabinet de consultation des résultats d’augmentations mammaires pour lesquels les implants semblent totalement inadaptés. Bon nombre des patientes ignorent même le type de prothèse et quels volumes ont été posés.
Il existe actuellement de nombreux types d’implants que ce soit par la forme (ronds ou anatomiques), la projection (basse, modérée, haute ou très haute) ou la paroi (micro-texturée, macro-texturée ou lisse). Le choix de la prothèse mammaire, de son positionnement et de la voie d’abord doivent faire l’objet d’une discussion et d’un examen approfondis. Ainsi, s’il faut intégrer les souhaits de la patiente quant aux volumes et à la forme du futur sein, il faut aussi tenir compte de sa morphologie générale, thoracique et mammaire. On ne met pas n’importe quel implant à n’importe quelle patiente!

Prothèses mammaires et Biodynamic
Depuis quelques mois nous utilisons un logiciel d’aide à la décision, Biodynamic°. Celui-ci, après intégration d’une dizaine de mesures (largeur de thorax, distance fourchette sternale-mamelon…) et des désidératas concernant le volume et la forme du futur sein, nous aide à déterminer les prothèses mammaires qui seraient le mieux adaptées à l’anatomie de la patiente. Il ne s’agit en aucun cas d’un choix didactique mais plutôt d’un « cadrage » permettant d’optimiser le résultat.
Ce logiciel Biodynamic° nous apparaît donc très intéressant pour la détermination de l’implant mammaire idéal. Par ailleurs, la participation de la patiente, puisque ses souhaits sont pris en compte, en font un outil particulièrement pédagogique.
mai
13
« La chirurgie esthétique : mon rêve absolu ! le seul moyen pour moi d’enfin avoir une poitrine « normale » mais malheureusement inhibé par l’appréhension, la peur du geste chirurgical…
Complexée depuis l’âge de 14 ans par mon petit 80A, je me suis enfin décidée à 23 ans à consulter un chirurgien ( qui me fut recommandé par une connaissance suite à une augmentation mammaire) le docteur Van Der Stegen, pour m’informer et peut-être concrétiser ce rêve.
Celui-ci, très sympathique, attentif et pédagogue me renseigna avec insistance sur toutes les complications possibles et les recommandations à respecter pour le bon déroulement pré et post- opératoire, et bien sur définir soigneusement la taille de la poitrine en fonction de ma silhouette et de mon envie, ainsi que du mode de mise en place des implants.


Résultat : 90C avec mise en place des implants par voies axillaires.
Partie confiante et pleine d’espoir de ce rendez-vous, je décidai de me faire opérer, ce qui fut chose faite !
L’opération se déroula très rapidement toujours sans véritable douleur mais plutôt une sensation de lourdeur et de tiraillements responsables d’une gène permanente durant environ une dizaine de jours (apaisée par la prise de médicaments).
Grâce à cette opération, je me sents enfin en harmonie avec mon corps, en confiance et plus libre.
Je conseille à toutes les femmes complexées par leur poitrine de se faire opérer car la seule pose « uniquement » de prothèses est capable de changer la vie d’une femme sur tous les plans. »
Alexandra B.
déc
17

Comme nous l’avons vu dans l’article précédent, après maintes tentatives plus ou moins désastreuses, il semble que les implants mammaires silicones de dernières générations soient une solution satisfaisante à la problématique de l’augmentation du volume des seins. Cependant, leurs mises en place nécessitent une intervention chirurgicale classique et il s’agit de corps étrangers. De nouvelles « solutions » continuent donc d’être présentées. Actuellement on parle beaucoup du lipomodelage des seins et du remplissage au Macrolane°.
Le lipomodelage consiste, selon la technique de Coleman, à réinjecter dans les seins de la graisse prélevée sur une stéatomérie type culotte de cheval par exemple. Il s’agit d’une greffe de graisse. Cette technique déjà bien connue et utilisée en dehors des seins est développée en esthétique depuis 2 ans, initialement dans le cadre de la reconstruction mammaire, par le Centre Léon Bérard de Lyon.
Très intéressante même si les volumes d’augmentation sont limités (100 à 200 cc) elle présente deux écueils, l’un étant l’apparition de calcifications radiologiques pouvant prêter à confusion avec des images de cancer du sein (a priori pas de problème avec un radiologue averti et aguerri), l’autre étant qu’il faut s’assurer que cette graisse injectée ne favorise pas l’apparition de cancer du sein. De fait, la Société Française de Chirurgie Plastique déconseille ce geste dans l’attente de résultats d’études scientifiques.
Le remplissage des seins au Macrolane se fait sous anesthésie locale au cabinet. Le Macrolane est un acide hyaluronique très volumateur, résorbable sur 12 à 18 mois selon le laboratoire Q-Med. Une deuxième injection de la moitié du volume injecté initialement est donc nécessaire à 12-18 mois et ainsi de suite.
Si ce produit peut convenir malgré son coût élevé (3500 euros pour 200 ml dans chaque sein) à des patientes irréductiblement anti-prothèses il reste à considérer qu’il s’agit d’un produit résorbable et que la résorption fait intervenir les acteurs de l’inflammation. Cette réaction « inflammatoire » chronique sur plusieurs années au niveau de la glande mammaire inquiète. L’inflammation chronique fait le lit du cancer. Comme le laissait supposer lors d’une discussion de séance, quelques responsables de notre société au cours du dernier congrès de la SOFCPRE, les injections de Macrolane dans les seins risquent d’obtenir la même « recommandation » de prudence que le lipomodelage, ce qui serait, à mon sens, la moindre des choses.
déc
10
L’histoire de l’augmentation mammaire est ancienne et dès la fin du 19è siècle, CZERNY, un chirurgien allemand, tente de combler une dépression mammaire par un lipome prélevé en région lombaire. Par la suite, différents produits sont utilisés, tels des huiles de paraffine ou de silicone, des greffons cutanés ou dermo-graisseux, des boules de verre ou d’ivoire, du cartilage animal et différents synthétiques comme le Plexiglas° ou le Teflon°. Les résultats étaient régulièrement catastrophiques et je n’ose imaginer le nombre de seins « sacrifiés » sur l’hôtel du fantasme de la féminité.

Ce n’est qu’en 1962, au Texas, que Frank GEROW et Thomas CRONIN avec la DOW CORNING COMPANY (fabricant de silicones) implantent la première prothèse contenant un gel de silicone. Celle-ci est constituée d’une poche de silicone épais remplie d’un gel de silicone. Le succès est immédiat et le nombre d’interventions d’augmentation mammaire s’accroit très rapidement. Après une période d’euphorie, il faut admettre que le résultat est quelquefois décevant voir franchement mauvais avec un sein devenant souvent trop ferme, quelquefois dur et même déformé. Une véritable coque peut se former autour de la prothèse. Pendant les années 1970 et 1980, les implants sont régulièrement modifiés dans leur consistance et leur enveloppe, l’emplacement (pré ou retromusculaire) et la voie d’abord (axillaire, aréolaire, sous-mammaire).

Alors que, les prothèses mises au point à la fin des années 1980 semblent réduire le problème de coques, une polémique éclate aux États-Unis, mettant en cause les silicones. Des cas de maladies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux…) sont attribués aux prothèses en silicone ce qui entraine l’interdiction de ces implants aux États-Unis, au Canada et en France. En 1992, un comité d’experts réunis par la FDA américaine ne retient pas de lien de causalité. Toutes les études ultérieures confirment l’absence de rapport entre prothèse contenant un gel de silicone et pathologies auto-immunes.
Ces implants sont donc réhabilités en France en 2001. Les laboratoires ont alors encore progressé avec la mise au point de gels cohésifs et de parois multicouches anti-perspiration. Les implants mammaires actuellement à notre disposition nous paraissent donc très sûrs avec un taux de coques minimisé. Pourtant d’autres techniques et produits d’augmentation font parler d’eux actuellement. Il s’agit du lipomodelage qui utilise de la graisse autogène et du Macrolane° qui est un acide hyaluronique commercialisé par le laboratoire Q-MED.
oct
29
Favoriser une alimentation anti-inflammatoire : De plus en plus de médecins constatent que notre alimentation du 21è siècle favorise l’inflammation dans nos organismes. Il faudrait :
• Réduire les apports en sucre : Les aliments à index glycémique élevé sont responsables d’une sécrétion importante d’insuline. Celle-ci s’accompagne de la production de protéines pro-inflammatoires (IgF1) favorisant œdèmes et hypertrophies cicatricielles. Nous vous conseillons donc une alimentation à index glycémique bas ou moyen dans les suites de toutes interventions chirurgicales (http://www.montignac.com/fr/ig_tableau.php)
• Augmenter les apports en oméga 3 : Notre alimentation industrialisée crée un déficit en oméga 3, acide gras essentiel dont un des multiples intérêts est d’avoir une action anti-inflammatoire. Nous proposons donc une complémentation sous forme d’huile de poissons.
• Eviter les modes de cuisson tels les grillades ou fritures : Les cuissons hautes températures sont responsables de la formation de produit de glycation AGE (Advanced Glycation End products). Ceux-ci favorisent l’inflammation par le biais des lymphocytes T (type de globules blancs). Préférez des cuissons plus douces à l’eau ou à la vapeur.

Combattre la rétraction cicatricielle par compression :
Nous ne préconisons pas les massages du sein qui risquent, surtout si les prothèses sont texturées, d’augmenter le risque de coques du fait de l’irritation des tissus cicatriciels par la paroi rugueuse de la prothèse (effet « scotch-brite »). Par contre une compression de l’implant entraine sa distension et par conséquent l’application d’une force centrifuge sur la capsule cicatricielle qui l’entoure. Cette compression s’oppose à la rétraction des tissus entourant la prothèse. A ce propos les patientes qui dorment sur le ventre font très peu de complications à type de coque. Nous demandons donc à nos opérées, dès la quatrième semaine postopératoire de passer ½ – 1 heure par jour en appui sur la poitrine durant 3 à 4 mois.