Déc
17

Augmentation mammaire (2)

Intervention chirurgicale

Comme nous l’avons vu dans l’article précédent, après maintes tentatives plus ou moins désastreuses, il semble que les implants mammaires silicones de dernières générations soient une solution satisfaisante à la problématique de l’augmentation du volume des seins. Cependant, leurs mises en place nécessitent une intervention chirurgicale classique et il s’agit de corps étrangers. De nouvelles « solutions » continuent donc d’être présentées. Actuellement on parle beaucoup du lipomodelage des seins et du remplissage au Macrolane°.

Le lipomodelage consiste, selon la technique de Coleman, à réinjecter dans les seins de la graisse prélevée sur une stéatomérie type culotte de cheval par exemple. Il s’agit d’une greffe de graisse. Cette technique déjà bien connue et utilisée en dehors des seins est développée en esthétique depuis 2 ans, initialement dans le cadre de la reconstruction mammaire, par le Centre Léon Bérard de Lyon.Graisse

Très intéressante même si les volumes d’augmentation sont limités (100 à 200 cc) elle présente deux écueils, l’un étant l’apparition de calcifications radiologiques pouvant prêter à confusion avec des images de cancer du sein (a priori pas de problème avec un radiologue averti et aguerri), l’autre étant qu’il faut s’assurer que cette graisse injectée ne favorise pas l’apparition de cancer du sein. De fait, la Société Française de Chirurgie Plastique déconseille ce geste dans l’attente de résultats d’études scientifiques.

Le remplissage des seins au Macrolane se fait sous anesthésie locale au cabinet. Le Macrolane est un acide hyaluronique très volumateur, résorbable sur 12 à 18 mois selon le laboratoire Q-Med. Une deuxième injection de la moitié du volume injecté initialement est donc nécessaire à 12-18 mois et ainsi de suite.

Si ce produit peut convenir malgré son coût élevé (3500 euros pour 200 ml dans chaque sein) à des patientes irréductiblement anti-prothèses il reste à considérer qu’il s’agit d’un produit résorbable et que la résorption fait intervenir les acteurs de l’inflammation. Cette réaction « inflammatoire » chronique sur plusieurs années au niveau de la glande mammaire inquiète. L’inflammation chronique fait le lit du cancer. Comme le laissait supposer lors d’une discussion de séance, quelques responsables de notre société au cours du dernier congrès de la SOFCPRE, les injections de Macrolane dans les seins risquent d’obtenir la même « recommandation » de prudence que le lipomodelage, ce qui serait, à mon sens, la moindre des choses.

Déc
10

Augmentation mammaire (1)

L’histoire de l’augmentation mammaire est ancienne et dès la fin du 19è siècle, CZERNY, un chirurgien allemand, tente de combler une dépression mammaire par un lipome prélevé en région lombaire. Par la suite, différents produits sont utilisés, tels  des huiles de paraffine ou de silicone, des greffons cutanés ou dermo-graisseux, des boules de verre ou d’ivoire, du cartilage animal et différents synthétiques comme le Plexiglas° ou le Teflon°. Les résultats étaient régulièrement catastrophiques et je n’ose imaginer le nombre de seins « sacrifiés » sur l’hôtel du fantasme de la féminité.

Sainte Agathe

Ce n’est qu’en 1962, au Texas, que Frank GEROW et Thomas CRONIN avec la DOW CORNING COMPANY (fabricant de silicones)  implantent la première prothèse contenant un gel de silicone. Celle-ci est constituée d’une poche de silicone épais remplie d’un gel de silicone. Le succès est immédiat et le nombre d’interventions d’augmentation mammaire s’accroit très rapidement. Après une période d’euphorie, il faut admettre que le résultat est quelquefois décevant voir franchement mauvais avec un sein devenant souvent trop ferme, quelquefois dur et même déformé. Une véritable coque peut se former autour de la prothèse. Pendant les années 1970 et 1980, les implants sont régulièrement modifiés dans leur consistance et leur enveloppe, l’emplacement (pré ou retromusculaire) et la voie d’abord (axillaire, aréolaire, sous-mammaire).

Prothèse mammaire gel de silicone

Alors que, les prothèses mises au point à la fin des années 1980 semblent réduire le problème de coques, une polémique éclate aux États-Unis, mettant en cause les silicones. Des cas de maladies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux…) sont attribués aux prothèses en silicone ce qui entraine l’interdiction de ces implants aux États-Unis, au Canada et en France. En 1992, un comité d’experts réunis par la FDA américaine ne retient pas de lien de causalité. Toutes les études ultérieures confirment l’absence de rapport entre prothèse contenant un gel de silicone et pathologies auto-immunes.

Ces implants sont donc réhabilités en France en 2001. Les laboratoires ont alors encore progressé avec la mise au point de gels cohésifs et de parois multicouches anti-perspiration. Les implants mammaires actuellement à notre disposition nous paraissent donc très sûrs avec un taux de coques minimisé. Pourtant d’autres techniques et produits d’augmentation font parler d’eux actuellement. Il s’agit du lipomodelage qui utilise de la graisse autogène et du Macrolane° qui est un acide hyaluronique commercialisé par le laboratoire Q-MED.

Déc
03

Botox lyon

La toxine botulique de type A est certainement l’un des produits les plus utilisé en médecine esthétique pour son effet sur les rides. Elle est commercialisée sous différents noms qu’ils s’agissent du Dysport° (laboratoire Ipsen), du Botox°ou du Vistabel° (laboratoire Allergan). Seul ce dernier a l’autorisation de mise sur le marché (AMM) dans l’indication esthétique des rides du lion.

La toxine botulique est une toxine produite par une bactérie (Clostridium botulinum) qui se développe dans des aliments mal conservés (botulisme vient du terme allemand signifiant « boudin ») ou sur une plaie infectée. Cette maladie où les muscles se paralysent était courante et souvent mortelle au début du 19è siècle, durant les guerres napoléoniennes. Actuellement le botulisme est rare (110 cas/an aux USA) et exceptionnellement mortel. La toxine inhibe transitoirement la sécrétion d’acétylcholine au niveau de la jonction neuromusculaire. Autrement dit elle empêche la commande musculaire nerveuse, le muscle est donc bloqué.

La toxine est utilisée pour traiter des pathologies où l’activité musculaire est trop importante (blépharospasme, l’hémispasme facial, certaines contractures…).

En esthétique, grâce à des injections quantifiés et précises elle permet de rajeunir un visage par relâchement de certains muscles.

BOTOX FRONT SEUL - AVANT

BOTOX FRONT SEUL - APRES

Ainsi le front (rides transversales et rides du lion) et les pattes d’oie sont lissés, les plis d’amertumes et les fanons sont atténués. Les injections doivent être répétées tous les 5 à 6 mois puisque l’effet de la toxine est transitoire.

L’évolution de la technique se fait vers des doses plus légères avec un blocage musculaire plus court et donc un retour plus rapide des expressions, le visage apparaissant reposé mais non figé.

Par ailleurs, le traitement peut concerner des patients plus jeunes, encore peu marqués, évitant ainsi l’apparition de fractures cutanées (Cf photos ci-dessus).

A noter enfin l’intérêt de la toxine dans les hyperhidroses (transpiration excessive).

En somme la toxine botulique est l’une des grandes avancée de ces 10 dernières années en médecine esthétique. Bien réalisé entre des mains entraînées, le résultat est toujours spectaculaire et sans complication.

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