Avr
29

Chirurgie et médecine esthétique: Congrès SOFCEP 2009 (2)

Pour la médecine :

– la toxine botulique est toujours aussi intéressante dans le traitement des rides du front, de la glabelle et des pattes d’oie. Son utilisation prudente au niveau des paupières inférieures, du menton et des fanons du cou donne d’excellents résultats. La toxine botulique lorsqu’elle est bien utilisée est un véritable acteur de la prévention du vieillissement, au niveau du regard en particulier. A noter la sortie d’AZZALURE°, toxine botulique de type A proposée par le laboratoire Galderma dans les indications esthétiques (comme Vistabel°). Il s’agit en fait de Dysport° (laboratoire Ipsen) adapté à l’esthétique. Le faible dosage d’Azzalure° (130 unités Dysport) nous laisse sceptique quant à son efficacité.

 Cannes: Congrès chirurgie et médecine esthétique

–les acides hyaluroniques restent incontournables dans le traitement des rides et la restauration des volumes. Les laboratoires les plus importants sont Allergan (Juvederm Ultra°, Voluma°), Q-Med (Restylane°, Perlane°, Macrolane°) et Teoxane (Teosyal°). A noter les réactions de prudence vis à vis de Macrolane° dans l’augmentation mammaire. Le commentaire d’un confrère expert juridique était que « le laboratoire Q-Med avait mis la charrue avant les bœufs ». Autrement dit, des études sérieuses auraient été bienvenues avant la mise sur le marché à grand renfort de marketing.

– enfin comme toujours, beaucoup d’ateliers, communications et exposants sur les lasers, appareils à radiofréquences, LED, etc… Les machines à lipolyse laser évoluent en associant des capteurs thermiques qui permettent de mieux maitriser les températures sous-cutanées. Un appareil à radiofréquence propose une association à la lipoaspiration afin d’améliorer la remise en tension de la peau. Les LED semblent intéressants en réjuvénation cutanée faciale à condition de pratiquer des séances régulièrement. Par ailleurs ils auraient une action anti-inflammatoire au niveau cicatriciel avec un blanchiment accéléré des cicatrices chirurgicale ou des rougeurs post peeling ou laser.

Ce congrès qui donne la « part belle » à la médecine esthétique, démontre une fois de plus que la chirurgie esthétique est bien une spécialité médico-chirurgicale. Le chirurgien, par ses connaissances anatomiques et dermatologiques approfondies, par son habileté manuelle et son haut niveau de formation, tend à maitriser toutes les facettes de la prise en charge esthétique, qu’il s’agisse de transformation ou de lutte contre le vieillissement.

Avr
22

Chirurgie et médecine esthétique: Congrès SOFCEP 2009 (1)

Du 17 au 19 avril se déroulait à Cannes au Palais des festivals, le 22e Congrès de la SOFCEP. A défaut de stars de la toile ce sont des stars du bistouri que nous avons écouté et rencontré. Les communications se sont déroulées sur 3 salles simultanément durant les 3 jours. Nous vous rapportons et discutons uniquement les séances auxquelles nous avons assisté. De manière générale et sans compromis  quant aux résultats (si possible), les gestes tentent à s’alléger avec des suites moins lourdes et plus rapides.

 Congrès SOFCEP 2009

Pour la chirurgie :

 – Les miniabdominoplasties restent décevantes la plupart du temps et il apparaît qu’un geste plus important avec transposition de l’ombilic soit nécessaire à l’obtention d’un bon résultat. Les techniques à « haute tension supérieure » sus ombilicale apparaissent incontournables.

– Les liftings de cuisses et de bras ont fait l’objet de belles communications. Grâce à une lipoaspiration appuyée et à des résections cutanées superficielles et conservatrices les résultats deviennent très satisfaisants et les suites opératoires se simplifient.

– Certains se posent, à juste raisons, des questions quant aux résultats inégaux et inconstants des liftings cervico-faciaux. Il apparaît qu’une fibrose cicatricielle est indispensable à la bonne tenue du lifting. Dans le cas contraire le relâchement est rapide.

– Le lifting de l’étage moyen de la face (pommettes et cernes) continue d’être un challenge où les avis divergent mais où les résultats montrés sont très satisfaisants.

– La lipostructure (injection de graisse autologue) au niveau de la face en particulier, est toujours discutée avec d’excellents résultats dans certaines mains.

– Concernant l’augmentation mammaire, les implants anatomiques semblent être adoptés totalement ou en partie et pour certaines indications par la plupart des chirurgiens. Les complications à type de coques nous interpellent toujours autant sans qu’aucune solution définitive ne soit apportée.

– A noter le bel exposé d’un confrère roumain qui en associant un implant anatomique très projeté à une  suture de la glande mammaire au muscle pectoral obtient de beaux résultats sans cicatrice sur des seins pourtant ptosés.

– En rhinoplastie, là encore, de belles réussites avec des voies externes (incision de la columelle du nez) laissant penser que cette voie d’abord dont la rançon cicatricielle est minime doit être proposée plus souvent.

– Enfin dimanche, en fin d’après-midi, alors que la plupart des congressistes étaient déjà repartis, une émouvante session sur la chirurgie plastique humanitaire avec les séquelles du noma en particulier. Un beau sujet de réflexion sur la futilité ou non de la partie esthétique de notre spécialité pour le long retour sur Lyon qui a suivi…

Avr
08

Alimentation sous influence

Quand arrêter de manger ? Quand nous n’avons plus faim? Quand notre estomac nous renvoie un signal de satiété? Logique, et pourtant… De nombreuses études montrent que différents éléments extérieurs influencent cette sensation de satiété.

PETITE ASSIETTE/GRANDE ASSIETTE
– grandes assiettes, grosses cuillères et grands verres : différentes expériences ont montré que plus l’assiette est grande, plus on la rempli (30% d’apport supplémentaire). Une étude réunissant plusieurs personnes autour de bacs à crèmes glacées en self-service et disposant de coupelles et cuillères de tailles différentes ont permis de constater que ceux équipés de grandes coupes ou de grandes cuillères consommaient respectivement 31 et 57% de glace supplémentaire. Il en est de même pour les verres. Les verres larges et bas sont toujours plus remplis que les verres étroits et hauts. Lorsqu’il s’agit d’eau, tout va bien, mais lorsqu’il s’agit d’alcool…

 – allégés, light, 0% : ces produits donnent bonne conscience. Une étude montre qu’un groupe de volontaires à qui l’on donne soit du chocolat normal, soit du chocolat allégé, consomment 46% de chocolat light en plus. La même expérience avec du muesli donne des résultats identiques pour 10% de calories en moins pour la forme allégée. Au bout du compte l’apport calorique est donc supérieur pour les produits lights.

– l’émission télé ou le film policier : c’est la fin du « spectacle » qui marque la fin du repas. Assez spécifique aux américains où les repas ne sont plus rythmés et où tout le monde mange n’importe quand en faisant n’importe quoi.

 

– le repas entre amis : là aussi, les discussions et histoires allongent la période d’alimentation. On se ressert pour accompagner son voisin de table ou bien l’on suit le rythme du mangeur le plus rapide. Certains chercheurs corrèlent même la quantité de calories absorbées au nombre de convives.

Comme vous le constatez les pièges sont nombreux. Pour les éviter :

changez de vaisselle et investissez dans de petites assiettes, des couverts de tailles raisonnables et des verres étroits et hauts pour le vin, larges et bas pour l’eau.

ne vous laissez pas berner par les allégations « santé » des produits alimentaires industriels. Mangez naturel.

ne mangez pas devant la télé.

avec des amis calez votre rythme sur celui qui mange lentement, laissez toujours un peu de nourriture dans votre assiette pour éviter d’être resservi, asseyez-vous à coté des petits appétits…

– et surtout, écoutez-vous. Il faut savoir se “laisser aller à” ressentir les signes de satiété…

Avr
01

Chirurgie, hôpital et campagne de dénigrement.

« Le livre noir des hôpitaux » et Le Point n°1906: voici un livre et un article qui sortent bien à propos puisque le temps est à la démagogie et à la réduction des honoraires des médecins et des chirurgiens Secteur 2.

La fameuse loi « Hôpital, patients, santé et territoire » (HPST) votée récemment par les députés propose non seulement un plafonnement des compléments d’honoraires mais, de surcroît, la réalisation d’un nombre d’actes importants (40 à 70%) aux tarifs opposables (sans complément d’honoraire). Par ailleurs les contrats nous liant à nos cliniques deviendraient caduques à nos dépends. Il ne s’agit en aucun cas de mesures visant à faire économiser de l’argent à l’Assurance Maladie puisque ces compléments d’honoraires sont  pris en charge par les Mutuelles complémentaires (ou à défaut par le patient lui-même).

 

Pour casser tout acte de rébellion (cela pourrait représenter des baisses de revenu de plus de 30% pour certains confrères) rien de telle qu’une grande campagne de dénigrement…Et voici donc cet article du Point, organe de presse gouvernemental, avec des extraits de « Le livre noir des hôpitaux ». Ce n’est qu’une longue liste d’erreurs médicales de ces dernières années. Ainsi y apprend t’on, qu’à l’hôpital  qui « tient parfois du musée des horreurs » «on (y) côtoie (…) des chirurgiens alcooliques, dépressifs ou drogués… », qu’« être médecin ne garantit pas la bonne santé. Ni physique ni mentale ». Les titres de paragraphes sont « Bavures à l’hôpital » et « Ces grands malades qui nous soignent ». Inquiétant…non ?

Nous sommes des êtres humains comme les autres et comme partout, il y a parmi les médecins et chirurgiens quelques alcooliques, dépressifs ou drogués. Certes, une erreur chirurgicale porte plus à conséquence qu’une coquille de journaliste mais pourquoi faire un tel amalgame et jeter l’opprobre sur toute la profession ? Combien de gens sauvés ou guéris par ailleurs…

 CHIRURGIE

Il est drôle de constater que 2 des trois journalistes rédacteurs du « Livre noir des hôpitaux » sont d’anciens médecins, « défroqués » comme dit l’un d’entre eux ! A défaut de vocation, courage et probablement de compétences, ils semblent avoir préféré la haine et la critique de leurs ex-collègues. Les grands gagnants de cette loi si elle passe au Sénat ne seront pas les citoyens car un certain nombre d’entre nous se déconventionnera  (la médecine à 2 vitesses sera effective) mais les groupes de protection sociale complémentaire, autrement dit les Mutuelles. Et savez-vous qui dirige l’une des plus grosses mutuelles du pays ? 

La loi HPST sera discutée au sénat courant mai. Les sénateurs, entre 2 repas bien arrosés, valideront ou non cette loi inique. D’ici là, d’autres articles de dénigrement du corps médical et des chirurgiens en particulier paraîtront probablement. Espérons que les journalistes  pourront nous pondre quelques lignes sans avoir à sniffer un ou deux rails de coke, histoire d’avoir un peu d’imagination.
Bien entendu, nous vous tiendrons au courant de l’évolution de cette affaire.

 

 

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