Sep
29

Prothèses mammaires : en avant ou en arrière du muscle ?

Les implants mammaires peuvent être positionnés en pré ou rétro-pectoral. Le muscle grand pectoral (Pectoralis major) est un grand muscle triangulaire qui s’insère d’une part sur l’épaule et d’autre part sur la clavicule, le bord du sternum et les 6 premiers cartilages costaux. Il est bien visible chez l’homme musclé.
La prothèse mammaire n’est que rarement totalement rétro-pectorale car une désinsertion (ou section) des attaches inférieures et internes du muscle est habituellement nécessaire au bon positionnement de l’implant. Le recouvrement musculaire peut d’ailleurs n’être volontairement que partiel selon l’effet recherché (« dual plan »). Le principal avantage de la loge rétro-pectorale est d’interposer un paletot musculaire entre la prothèse et la glande mammaire, limitant ainsi la perception de l’implant. Par ailleurs, le recouvrement musculaire du pôle supérieur de la prothèse limite l’aspect pigeonnant de l’implant rond. Enfin, certains prêtent un effet « soutien gorge » interne au muscle. Les inconvénients sont essentiellement les douleurs postopératoires plus importantes et un écrasement, voir une luxation en dehors des prothèses lors de la contraction du pectoral.

prothèses mammaires en avant et en arrière du muscle grang pectora

La prothèse pré-pectorale est pré ou retro-aponévrotique c’est-à-dire qu’elle peut être positionnée en avant ou en arrière de l’aponévrose musculaire. L’anesthésie locale est possible et les douleurs postopératoires nettement moins marquées. L’implant est cependant davantage perceptible.
En somme la mise en place des prothèses mammaires en arrière du muscle est le plus habituel d’autant que la patiente est mince et les seins petits. L’implant peut-être positionné en avant du muscle lorsqu’il est de taille modérée, lorsque la poitrine n’est pas hypoplasique ou lorsque la patiente est très musclée. Enfin, les techniques « dual plan » permettent d’être plus ou moins à la fois rétro et pré-musculaire selon l’effet recherché (correction d’une petite ptose ou sillon marqué par exemple).
Une fois de plus l’implantation susceptible de donner le meilleur résultat esthétique nécessite la maîtrise des différentes techniques (loge pré ou rétro-pectorale, dual plan).

Sep
16

Prothèses mammaires: lisses ou texturées?

Les implants mammaires sont formés d’une enveloppe en silicone et contiennent un gel de silicone le plus souvent ou plus rarement du sérum physiologique. L’enveloppe de ces prothèses peut-être lisse ou texturée c’est-à-dire irrégulière avec de multiples aspérités. On parle même de micro ou macro-texturation selon l’importance des irrégularités. Celles-ci sont obtenues par moulage ou projection de silicone.

Les implants texturés ont été introduits sur le marché car l’on pensait que les aspérités des parois, en désorganisant l’orientation des fibres collagènes cicatricielles, réduiraient les rétractions péri-prothétiques ou coque (durcissement cicatriciel du sein). En fait, il n’en est rien et l’origine des coques semble davantage inflammatoire que mécanique.

La différence entre implants lisses et micro-texturés ne nous semble pas évidente. Seule la macro-texturation entraîne un « effet velcro » qui fixe la prothèse dans la loge, ce qui nous paraît intéressant pour les implants anatomiques qui ont un sens de positionnement.

prothèses anatomique texturée et ronde lisse

De notre point de vue, les parois lisses ou macro-texturées ont chacune leurs avantages et inconvénients :
Prothèses lisses :
– soutenues par les bords de la loge uniquement, déplacements possibles en cas d’implants lourds et/ou de tissus de soutien fragiles,
– peu d’interactions entre la paroi et les tissus au contact (moins d’usure ?),
– « massages » et compressions à visée anti-coque possibles assez rapidement.
Prothèses texturées (macro) :
– soutenue par toutes ses surfaces (« effet velcro »), déplacement ou rotation rare,
– effet irritant (« effet scotch-brite° ») des macro-texturations parfois responsable de séromes,
– interactions importantes avec les tissus au contact entrainant  peut-être une usure plus importante ?
– pas de « massage » ou compression 2 à 3 mois pour éviter l’effet irritant responsable du sérome.

En somme nous nous orientons actuellement sur des implants lisses lorsque la forme ronde est choisie. Bien entendu, la macro-texturation reste de mise pour les implants anatomiques.

Sep
02

Prothèses mammaires : rondes ou anatomiques ?

Actuellement le choix de la prothèse mammaire ne concerne plus tant le remplissage que la forme de celle-ci. En effet le sérum physiologique est maintenant peu utilisé compte tenu de la consistance très ferme, des vagues et de la fragilité marquée qu’il induit. Les gels de silicone cohésifs, de consistances plus naturelles et de longévités plus longues sont très majoritairement utilisés. Deux formes d’implant sont proposées : ronde ou anatomique.
Qu’ils soient ronds ou anatomiques ils ont des profils variables et pour un même volume, la prothèse peut-être étroite et projetée ou large et plate. La plupart des laboratoires proposent ainsi 4 à 5 profils différents (profils bas, moyen, haut, très haut).

Classiquement l’implant rond, comme son nom l’indique, donne un aspect plus rond au sein, en particulier dans sa partie haute (sein pigeonnant). A l’inverse, la prothèse anatomique, en forme de goutte, dessine un sein en forme de poire sensé être plus naturel mais présente l’inconvénient d’avoir un sens (partie bombée en bas) et donc un risque de rotation. Cette distinction ne nous paraît évidente que pour des implants à projections fortes ou très fortes. Les résultats avec des projections faibles ou modérées nous semblent similaires que l’implant soit rond ou anatomique.

Implant rond versus implant anatomique

Plus significatif est la différence entre le point de projection maximal de ces implants verticalisés. En effet ce point est nettement plus bas sur la forme anatomique et l’implant reste excentré par rapport au mamelon. Nous préférons donc ce type de prothèse lorsque la distance entre l’aréole et le sillon sous-mammaire est courte d’autant plus que le sillon est marqué ou qu’il existe un début de ptose mammaire. Le risque de «double sillon» lié à un abaissement excessif de la prothèse est moindre avec une forme anatomique.

Pour résumé, nous proposons :

– une prothèse ronde lorsque la patiente demande peu de projection (profil bas ou modéré) ou, à l’inverse, un sein pigeonnant bombé sur le haut (profil haut ou très haut),

– une prothèse anatomique lorsque la patiente souhaite un sein en poire ou lorsqu’elle présente un sillon sous-mammaire marqué avec distance aréole – sillon courte.

De nos jours, il nous paraît donc indispensable de savoir proposer ces deux types d’implants en fonction des desideratas mais aussi des particularités anatomiques du sein et du thorax des patientes.

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