Mai
18

Phtalates, parabènes et alkylphénols

Les députés ont voté le 3 mai l’interdiction de trois produits chimiques, les phtalates, les parabènes et les alkylphénols, contre l’avis du gouvernement. Ces substances chimiques sont présentes dans des produits de consommation courante.
A noter que certains phtalates sont déjà prohibés, notamment ceux qui se trouvent dans les jouets.

BLOG - bouteilles plastique

 Les phtalates sont des substances très utilisées notamment pour ramollir les plastiques. De ce fait on les retrouve partout : dans les eaux de surface, les sols, les sédiments, les poussières, la pluie, mais aussi dans l’air des habitations.
Les parabènes, quant à eux, sont des conservateurs que l’on retrouve surtout dans les cosmétiques, dans l’industrie alimentaire et dans les produits du tabac.
Enfin les alkylphénols sont des agents actifs dans les détergents et désinfectants industriels ménagers ou médicaux.
Les éventuelles conséquences sur la reproduction humaine d’une exposition à ces produits sont nombreuses, notamment sur les taux d’hormones et la qualité du sperme chez l’homme, et sur le délai de conception et la précocité de la puberté chez la femme (on parle de “perturbateurs endocriniens“). Néanmoins, les études sont pour l’instant insuffisantes pour en tirer des conclusions définitives. Rappelons cependant que dans les pays occidentaux, les troubles de la reproduction ont augmenté au cours des dernières décennies. Les malformations chez le petit garçon (hypospadias et cryptorchidie) ont également augmenté, alors que la qualité du sperme a diminué. Par ailleurs, le cancer du sein et le cancer de la prostate, qui sont hormono-dépendants, sont en augmentation, tout comme le cancer des testicules.
Il semble donc que le principe de précaution ait déterminé le vote des députés. En pratique, cette décision est difficilement applicable compte tenu de l’implication de ces produits dans nos vies de tous les jours et le lobbying industriel qui ne manquera pas d’intervenir. Il est donc peu probable que cette loi passe en l’état.

Mai
02

Radiofréquence, ultrasons, lipolyse laser et compagnie…

Par décret n° 2011-382 du 11 avril 2011 tous les actes de lyse adipocytaire à visée esthétique sont interdits. Ce « décret tire les conséquences réglementaires de l’avis de la Haute Autorité de santé du 17 décembre 2010 en interdisant certaines techniques de lyse adipocytaire (destruction des cellules de stockage des lipides) à visée esthétique présentant un danger grave ainsi que les techniques utilisant des agents externes (ultrasons focalisés, lasers, infrarouges, radiofréquence) qui présentent une suspicion de danger grave pour la santé humaine ».
Autrement dit sont interdits depuis le 11/04/2011 :
– Les techniques d’injections hypo-osmolaires (lipotomie°, lipodissolution…)
– Les techniques d’injection de produits lipolytiques tels la phosphatidylcholine ou les produits de mésothérapie
– La lipolyse laser (Osyris°, Smartlipo°) isolée non associé à une lipoaspiration chirurgicale
– La carboxythérapie
– Les techniques non invasives utilisant des facteurs physiques externes sans effraction cutanée tels les ultrasons, les infrarouges et la radiofréquence.

Infrarouges, radiofréquence, lasers...

Dans la mesure où tout acte chirurgical esthétique doit-être réalisé dans une structure agrée de type clinique équipée de blocs opératoires, il nous semble raisonnable d’imposer le même encadrement aux techniques de lyse adipocytaire invasives (injection hypo-osmolaire, lipolyse laser, carboxythérapie). En effet il y a peu de différence quant aux risques (infectieux en particulier) inhérents à l’utilisation d’une canule de lipoaspiration ou d’une canule de lipolyse laser. De là à les interdire… Le vrai problème, s’agissant de techniques beaucoup utilisées par les médecins esthétiques sans formation chirurgicale, est “qui peut faire quoi”. 

Les produits de mésothérapie à visée lipolytique comme la phosphatidylcholine (lécithine de soja) n’étaient déjà pas autorisés dans cette indication. Leur interdiction est donc logique et n’est remise en question par personne.

Nous sommes par contre fort surpris des conclusions de la HAS concernant les appareils à ultrasons, radiofréquences et autres « rayons ». Bien que « aucun effet indésirable grave n’a été relevé » ces techniques « non invasives » « présentent une suspicion de danger grave pour la santé humaine ». Ces machines, même si d’efficacité inconstante, apportaient de petites améliorations qui satisfaisaient certains patients. Les rares « complications » s’apparentaient à celles de la cire chaude des esthéticiennes.

Malheureusement, en France, c’est le principe de précaution qui prime, certes exacerbé par les affaires Médiator et hormones de croissance de ces derniers mois.

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