Oct
13

Prothèses mammaires: quelle voie d’abord(2)

La voie sous-mammaire :
Longue de 4 à 5cm et positionnée dans le sillon sous-mammaire prévisible elle nécessite quelques calculs de positionnement et une bonne habitude. S’agissant d’une incision non traumatisante pour la glande mammaire et intéressant une peau glabre, c’est certainement l’abord chirurgicalement le plus « propre ». Par contre la cicatrice est thoracique antérieure ce qui nécessite un positionnement parfait et une réelle prise en charge du processus cicatriciel (patch silicone, LED…) si l’on veut éviter une cicatrice inesthétique et fort visible. Cette voie d’abord de plus en plus pratiquée en Europe du nord et aux USA devient incontournable à nos yeux, d’autant que les complications à type de coque (sein dur) apparaissent en partie liées à des infections infra-cliniques de la loge prothétique.

Augmentation mammaire - implants anatomiques - voie sous mammaire

En somme, le choix d’un abord pour l’implantation d’une prothèse mammaire doit être défini aux termes d’une consultation et d’une discussion prenant en compte la morphologie du sein, les desideratas de la patiente et les implications cicatricielles. Au même titre que le choix de l’implant (rond, anatomique, lisse, texturé…) ou de la loge (rétro ou pré-pectorale), il existe plusieurs solutions qui nécessitent de la part du chirurgien une bonne maîtrise des différentes techniques opératoires.

Oct
06

Prothèses mammaires: quelle voie d’abord(1)

Le choix de la voie d’introduction des implants mammaires se pose lors de chaque consultation pour augmentation du volume des seins. L’abord peut-être axillaire, aréolaire ou sous-mammaire et chacun présente des avantages et des inconvénients.
La voie axillaire :
Logique et rapide pour la mise en place d’une prothèse rétromusculaire elle se situe normalement au sommet de l’aisselle ce qui a l’avantage de dissimuler la cicatrice. Par ailleurs, la glande mammaire n’est pas « mutilée » par l’intervention. A moins d’utiliser la vidéo-endoscopie le travail de dissection de la loge se fait « à l’aveugle », les insertions musculaires étant décollés à l’aide de longs dissecteurs. L’aisselle présente cependant l’inconvénient d’être une zone chirurgicalement « sale» riche en follicules pileux et glandes sudoripares. Enfin, il existe une controverse à propos de l’incision axillaire qui pourrait interférer avec le drainage lymphatique de la glande mammaire et la détection du « ganglion sentinelle » en cas de cancer du sein. Nous réservons plutôt cet abord à des patientes jeunes présentant une très petite poitrine avec absence de sillon sous-mammaire et aréoles infantiles.

AUGMENTATION MAMMAIRE: VOIES D'ABORD

La voie aréolaire :
Hémi-circonférentielle inférieure et légèrement intra-aréolaire cet abord présente l’avantage d’être central, ce qui permet un bon contrôle du geste chirurgical. Elle implique cependant une dissection de la glande mammaire et de certains canaux galactophores qui ne sont pas toujours indemnes de bactéries. D’autre part on note parfois une dépigmentation de la cicatrice qui apparaît alors plus claire et rarement une rétraction cicatricielle postérieure fort inesthétique. Cette voie d’abord reste quoiqu’il en soit très classique sur les seins « difficiles » présentant une ptose débutante ou un sillon sous-mammaire marqué.

A suivre…

Sep
29

Prothèses mammaires : en avant ou en arrière du muscle ?

Les implants mammaires peuvent être positionnés en pré ou rétro-pectoral. Le muscle grand pectoral (Pectoralis major) est un grand muscle triangulaire qui s’insère d’une part sur l’épaule et d’autre part sur la clavicule, le bord du sternum et les 6 premiers cartilages costaux. Il est bien visible chez l’homme musclé.
La prothèse mammaire n’est que rarement totalement rétro-pectorale car une désinsertion (ou section) des attaches inférieures et internes du muscle est habituellement nécessaire au bon positionnement de l’implant. Le recouvrement musculaire peut d’ailleurs n’être volontairement que partiel selon l’effet recherché (« dual plan »). Le principal avantage de la loge rétro-pectorale est d’interposer un paletot musculaire entre la prothèse et la glande mammaire, limitant ainsi la perception de l’implant. Par ailleurs, le recouvrement musculaire du pôle supérieur de la prothèse limite l’aspect pigeonnant de l’implant rond. Enfin, certains prêtent un effet « soutien gorge » interne au muscle. Les inconvénients sont essentiellement les douleurs postopératoires plus importantes et un écrasement, voir une luxation en dehors des prothèses lors de la contraction du pectoral.

prothèses mammaires en avant et en arrière du muscle grang pectora

La prothèse pré-pectorale est pré ou retro-aponévrotique c’est-à-dire qu’elle peut être positionnée en avant ou en arrière de l’aponévrose musculaire. L’anesthésie locale est possible et les douleurs postopératoires nettement moins marquées. L’implant est cependant davantage perceptible.
En somme la mise en place des prothèses mammaires en arrière du muscle est le plus habituel d’autant que la patiente est mince et les seins petits. L’implant peut-être positionné en avant du muscle lorsqu’il est de taille modérée, lorsque la poitrine n’est pas hypoplasique ou lorsque la patiente est très musclée. Enfin, les techniques « dual plan » permettent d’être plus ou moins à la fois rétro et pré-musculaire selon l’effet recherché (correction d’une petite ptose ou sillon marqué par exemple).
Une fois de plus l’implantation susceptible de donner le meilleur résultat esthétique nécessite la maîtrise des différentes techniques (loge pré ou rétro-pectorale, dual plan).

Sep
16

Prothèses mammaires: lisses ou texturées?

Les implants mammaires sont formés d’une enveloppe en silicone et contiennent un gel de silicone le plus souvent ou plus rarement du sérum physiologique. L’enveloppe de ces prothèses peut-être lisse ou texturée c’est-à-dire irrégulière avec de multiples aspérités. On parle même de micro ou macro-texturation selon l’importance des irrégularités. Celles-ci sont obtenues par moulage ou projection de silicone.

Les implants texturés ont été introduits sur le marché car l’on pensait que les aspérités des parois, en désorganisant l’orientation des fibres collagènes cicatricielles, réduiraient les rétractions péri-prothétiques ou coque (durcissement cicatriciel du sein). En fait, il n’en est rien et l’origine des coques semble davantage inflammatoire que mécanique.

La différence entre implants lisses et micro-texturés ne nous semble pas évidente. Seule la macro-texturation entraîne un « effet velcro » qui fixe la prothèse dans la loge, ce qui nous paraît intéressant pour les implants anatomiques qui ont un sens de positionnement.

prothèses anatomique texturée et ronde lisse

De notre point de vue, les parois lisses ou macro-texturées ont chacune leurs avantages et inconvénients :
Prothèses lisses :
– soutenues par les bords de la loge uniquement, déplacements possibles en cas d’implants lourds et/ou de tissus de soutien fragiles,
– peu d’interactions entre la paroi et les tissus au contact (moins d’usure ?),
– « massages » et compressions à visée anti-coque possibles assez rapidement.
Prothèses texturées (macro) :
– soutenue par toutes ses surfaces (« effet velcro »), déplacement ou rotation rare,
– effet irritant (« effet scotch-brite° ») des macro-texturations parfois responsable de séromes,
– interactions importantes avec les tissus au contact entrainant  peut-être une usure plus importante ?
– pas de « massage » ou compression 2 à 3 mois pour éviter l’effet irritant responsable du sérome.

En somme nous nous orientons actuellement sur des implants lisses lorsque la forme ronde est choisie. Bien entendu, la macro-texturation reste de mise pour les implants anatomiques.

Sep
02

Prothèses mammaires : rondes ou anatomiques ?

Actuellement le choix de la prothèse mammaire ne concerne plus tant le remplissage que la forme de celle-ci. En effet le sérum physiologique est maintenant peu utilisé compte tenu de la consistance très ferme, des vagues et de la fragilité marquée qu’il induit. Les gels de silicone cohésifs, de consistances plus naturelles et de longévités plus longues sont très majoritairement utilisés. Deux formes d’implant sont proposées : ronde ou anatomique.
Qu’ils soient ronds ou anatomiques ils ont des profils variables et pour un même volume, la prothèse peut-être étroite et projetée ou large et plate. La plupart des laboratoires proposent ainsi 4 à 5 profils différents (profils bas, moyen, haut, très haut).

Classiquement l’implant rond, comme son nom l’indique, donne un aspect plus rond au sein, en particulier dans sa partie haute (sein pigeonnant). A l’inverse, la prothèse anatomique, en forme de goutte, dessine un sein en forme de poire sensé être plus naturel mais présente l’inconvénient d’avoir un sens (partie bombée en bas) et donc un risque de rotation. Cette distinction ne nous paraît évidente que pour des implants à projections fortes ou très fortes. Les résultats avec des projections faibles ou modérées nous semblent similaires que l’implant soit rond ou anatomique.

Implant rond versus implant anatomique

Plus significatif est la différence entre le point de projection maximal de ces implants verticalisés. En effet ce point est nettement plus bas sur la forme anatomique et l’implant reste excentré par rapport au mamelon. Nous préférons donc ce type de prothèse lorsque la distance entre l’aréole et le sillon sous-mammaire est courte d’autant plus que le sillon est marqué ou qu’il existe un début de ptose mammaire. Le risque de «double sillon» lié à un abaissement excessif de la prothèse est moindre avec une forme anatomique.

Pour résumé, nous proposons :

– une prothèse ronde lorsque la patiente demande peu de projection (profil bas ou modéré) ou, à l’inverse, un sein pigeonnant bombé sur le haut (profil haut ou très haut),

– une prothèse anatomique lorsque la patiente souhaite un sein en poire ou lorsqu’elle présente un sillon sous-mammaire marqué avec distance aréole – sillon courte.

De nos jours, il nous paraît donc indispensable de savoir proposer ces deux types d’implants en fonction des desideratas mais aussi des particularités anatomiques du sein et du thorax des patientes.

Oct
22

Prothèses mammaires et Biodynamic°

Régulièrement nous voyons sur le net ou dans notre cabinet de consultation des résultats d’augmentations mammaires pour lesquels les implants semblent totalement inadaptés. Bon nombre des patientes ignorent même le type de prothèse et quels volumes ont été posés.

Il existe actuellement de nombreux types d’implants que ce soit par la forme (ronds ou anatomiques), la projection (basse, modérée, haute ou très haute) ou la paroi (micro-texturée, macro-texturée ou lisse). Le choix de la prothèse mammaire, de son positionnement et de la voie d’abord doivent faire l’objet d’une discussion et d’un examen approfondis. Ainsi, s’il faut intégrer les souhaits de la patiente quant aux volumes et à la forme du futur sein, il faut aussi tenir compte de sa morphologie générale, thoracique et mammaire. On ne met pas n’importe quel implant à n’importe quelle patiente!

Prothese mammaire et Biodynamic

Prothèses mammaires et Biodynamic

 Depuis quelques mois nous utilisons un logiciel d’aide à la décision, Biodynamic°. Celui-ci, après intégration d’une dizaine de mesures (largeur de thorax, distance fourchette sternale-mamelon…) et des désidératas concernant le volume et la forme du futur sein, nous aide à déterminer les prothèses mammaires qui seraient le mieux adaptées à l’anatomie de la patiente. Il ne s’agit en aucun cas d’un choix didactique mais plutôt d’un “cadrage” permettant d’optimiser le résultat.

Ce logiciel Biodynamic°  nous apparaît donc très intéressant pour la détermination de l’implant mammaire idéal. Par ailleurs, la participation de la patiente, puisque ses souhaits sont pris en compte, en font un outil particulièrement pédagogique.

Déc
10

Augmentation mammaire (1)

L’histoire de l’augmentation mammaire est ancienne et dès la fin du 19è siècle, CZERNY, un chirurgien allemand, tente de combler une dépression mammaire par un lipome prélevé en région lombaire. Par la suite, différents produits sont utilisés, tels  des huiles de paraffine ou de silicone, des greffons cutanés ou dermo-graisseux, des boules de verre ou d’ivoire, du cartilage animal et différents synthétiques comme le Plexiglas° ou le Teflon°. Les résultats étaient régulièrement catastrophiques et je n’ose imaginer le nombre de seins « sacrifiés » sur l’hôtel du fantasme de la féminité.

Sainte Agathe

Ce n’est qu’en 1962, au Texas, que Frank GEROW et Thomas CRONIN avec la DOW CORNING COMPANY (fabricant de silicones)  implantent la première prothèse contenant un gel de silicone. Celle-ci est constituée d’une poche de silicone épais remplie d’un gel de silicone. Le succès est immédiat et le nombre d’interventions d’augmentation mammaire s’accroit très rapidement. Après une période d’euphorie, il faut admettre que le résultat est quelquefois décevant voir franchement mauvais avec un sein devenant souvent trop ferme, quelquefois dur et même déformé. Une véritable coque peut se former autour de la prothèse. Pendant les années 1970 et 1980, les implants sont régulièrement modifiés dans leur consistance et leur enveloppe, l’emplacement (pré ou retromusculaire) et la voie d’abord (axillaire, aréolaire, sous-mammaire).

Prothèse mammaire gel de silicone

Alors que, les prothèses mises au point à la fin des années 1980 semblent réduire le problème de coques, une polémique éclate aux États-Unis, mettant en cause les silicones. Des cas de maladies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux…) sont attribués aux prothèses en silicone ce qui entraine l’interdiction de ces implants aux États-Unis, au Canada et en France. En 1992, un comité d’experts réunis par la FDA américaine ne retient pas de lien de causalité. Toutes les études ultérieures confirment l’absence de rapport entre prothèse contenant un gel de silicone et pathologies auto-immunes.

Ces implants sont donc réhabilités en France en 2001. Les laboratoires ont alors encore progressé avec la mise au point de gels cohésifs et de parois multicouches anti-perspiration. Les implants mammaires actuellement à notre disposition nous paraissent donc très sûrs avec un taux de coques minimisé. Pourtant d’autres techniques et produits d’augmentation font parler d’eux actuellement. Il s’agit du lipomodelage qui utilise de la graisse autogène et du Macrolane° qui est un acide hyaluronique commercialisé par le laboratoire Q-MED.

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